COFORET a la chance de rassembler 20 000 adhérents et de dialoguer régulièrement avec un certain nombre d’entre eux. C’est grâce au temps donné à ces échanges et aux nombreux adhérents qui répondent présents, que la coopérative identifie les sujets de préoccupation, d’actualité et les questions auxquelles il est nécessaire de répondre.

Le thème du changement climatique est, cette année, le sujet de préoccupation principal des adhérents de COFORET qui comptent sur leur coopérative pour être informé des actions à engager, des études qui sont menées et des conclusions qui en sont faites, afin d’adapter leurs choix et comportements face à ce changement.

De nombreuses questions face à un phénomène que nous ne maîtrisons pas.

Les forestiers, qu’ils soient propriétaires ou professionnels, se posent de multiples questions sur les changements climatiques :

  • Quels effets ont-ils ? Et quels effets auront-ils ?
  • Comment faire pour préserver nos forêts ?
  • Faut-il changer de techniques de sylvicultures ? Si oui, laquelle adopter ?
  • Quelles seront les essences les plus touchées ? Faudra-t-il les remplacer par d’autres ? Et si oui, lesquelles ?

Face à ces nombreuses interrogations, COFORET part à la recherche d’informations et place ce thème au centre de ses débats. À l’occasion de deux assemblées, la coopérative a d’ailleurs eu l’honneur de recevoir :

  • Patrick LECHINE, ingénieur forestier au CRPF, qui est venu nous faire part de ses réflexions sur la thématique du renouvellement des peuplements dans le contexte actuel. Une analyse des conditions climatiques de ces dernières années a introduit cette présentation pour l’ancrer dans son contexte. Les études suivantes tentent de dessiner la courbe des données climatiques pour le futur, laissant présager un réchauffement significatif du climat actuel et des conséquences sur des écosystèmes d’ores déjà impactés.
  • Ensuite, Hervé Le BOULER, Responsable Forêts à « France Nature Environnement » nous a fait le plaisir de nous rejoindre pour aborder également cette problématique. Sous la forme d’un débat privilégiant les échanges, les adhérents présents et nos équipes ont pu poser leurs questions sur ce thème qui les impacts au quotidien.

Ce qu’il faut retenir de ces rencontres

Il faut comprendre que le changement climatique a déjà commencé. Celui dont nous repoussions tous les effets a œuvré dans notre dos pour s’installer durablement dans notre quotidien et dans celui de nos forêts.

Car oui, nos forêts témoignent déjà de ces effets : accidents climatiques, phénomènes de dépérissement, modification des cycles ravageurs, progression de certains ravageurs, crises sanitaires… sont autant de conséquences dues à ce phénomène. Mais il y a également des inconnues dont nous n’avons pas encore connaissance et qu’il nous faudra maîtriser.

C’est pourquoi Patrick LECHINE et Hervé le BOULER s’accordent à dire qu’il est nécessaire d’anticiper ces changements, d’étudier les effets ressentis aujourd’hui, de tester et de ne pas avoir peur de se tromper ; de rester ouvert, attentif, à l’écoute et réactif face à ces éléments.

Quelle gestion pour demain ?

Là est toute la question. Les essences de demain ne sont peut-être pas les essences d’aujourd’hui. La gestion forestière doit et devra lutter contre l’effet de serre dû au CO2 tout en respectant les exigeantes de chaque essence.

Hervé Le BOULER et Patrick LECHINE s’accordent sur ce point en insistant sur la mixité des essences et la gestion irrégulière qui formeront à elles deux un pilier de la gestion forestière future. Une gestion qui limitera d’ailleurs les coupes rases. Il faudra également laisser à la nature le temps de faire son travail, notamment pour la régénération naturelle. Une étape clé une gestion forestière réussie.

Les analyses se verront renforcées et les outils de diagnostic adaptés (bilans climatiques, évaluation de la ressource en eau et son évolution, diagnostics stationnels…). Les essences devront être étudiées attentivement et sélectionnées avec rigueur pour s’adapter au mieux aux stations choisies.

Des outils sont disponibles pour guider ces choix.

Pour accompagner les professionnels – et les moins professionnels – dans leurs choix d’essences, plusieurs outils se placent en support.

C’est le cas de BioClimSol, un outil numérique d’aide au diagnostic dans un contexte de changement climatique qui nous a été présenté par Jean Lemaire, ingénieur à l’IDF-CNPF à l’occasion de notre assemblée Drôme – Ardèche 2018. Il fonctionne en intégrant le climat et ses extrêmes, et les conditions de terrain qui aggravent ou compensent le climat : sol, topographie, exposition. À partir des données entrées, l’outil utilise les informations météo et fait une projection dans le futur avec une augmentation de +1°C. À partir de là, il présente les essences retenues. Reste au professionnel d’étudier les résultats pour choisir l’essence la plus adaptée pour cette station.

D’autres outils émergent pour guider les professionnels dans leurs choix. C’est le cas d’IKS, un outil développé par Hervé Le BOULER et l’ONF, ou encore de Caravaniks, l’outils de l’Office National de Forêts. Des moyens encore confidentiels, car réservés aux professionnels, mais qui sauront trouver leur place dans le futur.

Un choix qui se doit être réfléchi

Bien que des outils aident au choix des essences, il est nécessaire de bien réfléchir aux modalités de renouvellement de ses peuplements : quelle(s) essence(s) ? Une ou plusieurs essences ? Régénération naturelle et/ou plantation ? Régénération naturelle assistée ? Les professionnels affirment qu’il y en aura plusieurs. Il faudra faire des essais mais éviter les paris trop oser. Réaliser des diagnostics stationnels et des bilans climatiques. Des professionnels tels que COFORET ou vos conseilleurs CNPF sont à votre disposition pour réaliser ces études personnalisées. Il ne faudra pas avoir peur de se tromper car, aujourd’hui, aucune certitude n’est véritablement garantie.  

Parce que nous ne sommes jamais assez bien renseignés, toutes nos équipes restent alertes sur ce sujet et sur l’ensemble des études qui sont réalisées sur le changement climatique et ses effets sur les forêts. Nous ne cessons de nous renseigner c’est d’ailleurs pourquoi nous plaçons, cette fois encore, ce thème au cœur de nos échanges lors de nos conseils de section de novembre.

Pour en savoir plus

Pour les plus curieux d’entre vous, nous vous proposons les présentations de nos différents intervenants sur ce thème. Vous y retrouverez leurs études et analyses respectives ainsi que leurs préconisations. Le débat reste plus que jamais ouvert alors n’hésitez pas à nous contacter si vous avez des questions et souhaitez appliquer ces analyses sur votre propriété.

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